Tu es arrivé au seuil d’Oolretaw.
Ici, les frontières entre le réel et l’imaginaire se brouillent. Lorsque les lampadaires municipaux s’allument, la ville bascule dans un univers miroir aux reflets fantastiques. Les lieux se métamorphosent, et des événements inattendus surgissent.
Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…
Voici la suite du circuit fictionnel Oolretaw !
De nouvelles stations apparaissent sur la carte géolocalisant les histoires, de nouveaux textes s'ajoutentent aux anciens, en plus d'audios améliorés...

La maison terrifiante
Mon ami et moi, nous nous baladions en ville près de la vieille écluse au cœur du village de Waterloo. Sur un coup de tête, nous avons décidé de remonter la fameuse rue Clark. Rue reconnue pour être démoniaque, selon certaines rumeurs qui courraient alors. Je me disais que c’étaient des racontars totalement faux et j’en étais sûr. Pourtant cette nuit-là, j’ai vu la vérité.
Tout commença une fin d’automne, le vent soufflait fort et chantait en survolant les branches des arbres quand nous avons aperçu cette maison bleue, juste au coin de la rue Clark. Une habitation très étrange, entourée par des arbres qui faisaient pitiés. Ces grands arbres sans feuilles, tristes et secs comme les grains d’un sablier en plein désert. Le soleil commençait à perdre sa brillance cachée par les montagnes au loin quand nous voulûmes explorer cette maison. Mon ami, pas plus grand que moi portait aussi des vêtements noirs et un chapeau. Il s’entrainait au gym après les cours et son corps musclé en témoignait. Contrairement à moi, mince et fragile comme une petite branche d’arbre et qui pourtant je n’avais peur de rien. Il faut dire qu’avec mes cheveux longs attachés, je ressemblais au personnage John Wick et j’avais la confiance d’un tueur à gages.
Nous rentrâmes par l’ouverture laissée par la partie manquante d’une porte en bois déchirée en deux qui pendait par deux clous rouillés soutenus par des toiles d’araignées. La première pièce était une vieille cuisine trouée de partout avec quelques souris qui couraient dans les coins. Nous nous rappelâmes les histoires sombres qui circulaient sur cette maison particulière, avec ses esprits et bruits bizarres.
Ensuite, nous décidâmes de passer à la prochaine pièce mais en rentrant nous ressentîmes une sensation qui nous glaça les veines et créa un frison qui nous parcourut le long du dos. Nous avions tout de suite vu les traces de mains recouvertes de sang tracées sur les murs, comme si une scène de crime s’était passée ici.
Nous nous dirigions vers l’escalier, quand nous entendîmes un craquement de bois et soudainement des lourds pas comme si quelqu’un montait en courant au deuxième étage. Nous avons figé quelques secondes pour être sûr d’avoir bien entendu. Un frison de peur me secoua le cou. D’un coup, il n’y eut plus de lumière dans la rue. C’était surement juste une panne de courant avec ces vents glaciaux qui soufflaient sur les vitres à moitiés cassées de la maison. Je pus bien voir les yeux jaunes dorée de mon ami qui brillaient dans le noir comme des étoiles.
Trop curieux, nous montâmes les marches, une à la fois. À chaque marche nous avions un nouveau doute à propos de cette exploration, qui était censé être pour le plaisir. Un second craquement se fit entendre, comme si quelqu’un, ou quelque chose nous attendait à l’étage. À ce moment-là, je sus avec certitude que nous n’étions pas seuls dans la maison.
Intimidé par le sombre couloir étroit qui gisait devant nous, mon ami sortit ma lampe de poche de mon sac à dos. Il actionna le bouton et dirigeât le faisceau lumineux vers le couloir. Instantanément nous vîmes deux ombres noires un peu brouillé au bout du couloir. Étrangement, on ne pouvait pas bien les voir. Les deux individus embusqués semblaient être de la même grandeur. Ils ne bougeaient pas. Ils étaient figés là à nous regarder. Je ne me sentais vraiment pas bien. Mes poils de bras se dressèrent et ma tête se couvrit de sueurs froides, les gouttes perlaient le long de mes joues. Mon cœur battait si fort qu’on aurait dit qu’il essayait de sortir de ma poitrine. Les deux ombres immobiles semblaient de notre taille. Une des deux formes avait les yeux dorés qui ressortaient sous l’éclairage de la lampe de poche. Malgré le brouillard remplissant le couloir, on pu voir les silhouettes s’échapper par derrière, comme apeurée de nous.
- Pourquoi s’enfuient-t-ils? Nous sommes juste deux petits ados habillés en noir avec les cheveux long.
Quelques minutes plus tard, nous entendîmes le bruit des vitres frapper le sol, comme si quelqu’un les avait cassées. Donc, nous descendîmes en rapidement voir ce qui se passait. Arrivé en bas mon ami prit un des morceaux de vitre et se coupa la main. Quelques gouttes de sang tombèrent à terre, puis il essuya sa main pleine de sang sur le mur pour essayer d’en enlever le plus possible, mais tout ce qu’il parvenait à faire était de laisser des traces de mains ensanglantées sur le mur.
Mon ami et moi, entendîmes des personnes parler près de l’entrée de la maison. Pensant que c’étaient des policiers, nous nous réfugiâmes un peu plus loin, au pied des marches de l’escalier. Les voix se rapprochaient. Pris par la peur, nous décidâmes de courir les marches et de monter le plus vite possible. Nous les attendîmes au bout du couloir.
Quelques pas plus tard, ils étaient là, juste devant nous, nous fûmes figés par ce qu’on voyait au bout du couloir si étroit. Seulement cette fois-ci nous étions de l’autre côté du couloir. Devant nous sortant une lampe de poche du sac de son ami, deux petits ados habillés en noir avec les cheveux long qui étaient venu voir la maison terrifiante pour le plaisir.
Texte de Léo Fortin
2025
Histoire originale du circuit Oolretaw
La Pince coupante de Marko St-Hilaire
Je vais vous raconter une histoire qui m’est arrivée il y a quelques mois, à moi, Marko St-Hilaire, apprenti mécanicien. Comme j’étais le plus avancé de ma classe de DEP en mécanique automobile, mon professeur m’a envoyé faire une mission pour que je tente le métier. Je devais donc marcher quelques kilomètres, sous des nuages gris et menaçants comme des chiens de garde, pour me rendre au lave-auto abandonné tout près du restaurant L’Express. Une fois sur place, je devais réparer le moteur d’une voiture en panne se trouvant à l’intérieur de la bâtisse. Mon enseignant m’avait choisi, car il voyait que je travaillais bien, il me faisait confiance avec les outils qui se trouvaient là-bas et il croyait que j’avais les capacités pour ce travail.
Arrivé près de la porte, j’ai regardé au travers des fenêtres à moitié barricadées par des morceaux de bois. Malgré la lumière du lampadaire, je ne pouvais rien voir, car des couvertures de toiles effilochées étaient accrochées devant ces fenêtres, et la noirceur de la nuit commençait déjà à tomber. Le lieu était sinistre, mais en aucune façon j’allais avoir peur. Avec mon physique de taureau, j’avais pour réputation d’être confiant et d’être toujours le premier à trouver les solutions aux phénomènes inexplicables. Cependant, je n’ai jamais pu expliquer ce qui s’est passé cette soirée-là.
En essayant d’ouvrir la porte, je me rendis compte que je n’avais pas les clés et que la porte était barrée. Comme j’ai toujours une clé à molette, un tournevis et une pince coupante dans la poche droite de ma salopette bleu marine fétiche, j’ai réussi à ouvrir la porte. Je tiens à préciser que la pince coupante en question m’avait été donnée dans d’étranges conditions : elle avait appartenu à mon arrière-grand-père, qui avait été lui-même un mécanicien connu, mais qui était maintenant endormi à jamais.
Bizarrement, la porte, plutôt que de se refermer, resta ouverte, comme si un homme galant la tenait.
L’intérieur de cette bâtisse me faisait penser à un tableau blanc barbouillé par un enfant qui venait de découvrir l’utilité d’un crayon, tellement il y avait des graffitis de toutes les couleurs sur les murs blancs. Seulement la moitié des lumières néons éclairaient en clignotant ; les autres, brisées, créaient de l’ombre dans les recoins de la pièce. Après avoir déposé ma casquette sur le coffre à outils, je m’approchai lentement du véhicule. Je sentais une force presque imperceptible qui m’attirait vers l’automobile. Je me dis que c’était sûrement à cause de mon impatience de débuter ma mission. Malgré tout, je remarquais que ce véhicule n’était pas comme les autres – et j’en ai l’habitude, des automobiles ! Après tout, c’est une partie du métier que j’étudie : les examiner. Celle-ci m’intriguait énormément.
Ma plus grande passion pour la mécanique tourne autour des moteurs. Comme ma mission consistait à réparer le vieux moteur de ce Ford, j’ai commencé au plus vite. Lorsque j’ai ouvert le capot et que ma pince coupante a touché au moteur, celui-ci est parti et a fait tellement de bruit que j’avais l’impression qu’il se faisait égorger. Subitement, j’ai lâché ma pince, et je sentis que la force qui m’attirait vers le véhicule disparut dans l’espace. Pris de panique, comme un chevreuil devant des phares, je ne savais plus quoi faire. Paralysé par la stupéfaction, je regardais l’automobile qui roulait lentement vers moi et qui poussait des petits cris aigus ressemblant, comme deux gouttes d’eau, à un rire sadique.
J’avais beau essayer de comprendre ce qui se passait, chacune de mes neurones brûlait l’une après l’autre d’incompréhension. Craignant de me faire écraser par cet étrange bolide d’acier, je me mis à courir vers la porte pour me sauver. Mais, arrivé à celle-ci, elle ne voulait pas s’ouvrir. Dans mon dos, un filet d’eau glacé coulait, car j’entendais le véhicule qui s’approchait toujours de moi. Dans une dernière tentative, avec un désespoir hors du commun, j’ai frappé la porte d’un grand coup de pied, et elle a finalement cédé.
Je me suis dépêché de sortir et de fuir loin de ce cauchemar.
Au bout d’un moment, je marchais sans but, semblable à un itinérant sur le trottoir. J’errais, tremblant de froid comme une feuille d’automne sous les grands vents, en repensant à cette histoire. Je me suis demandé pour quelle raison mon professeur m’avait vraiment envoyé dans ce lave-auto. Je n’ai jamais eu de réponse. Mais ce que je sais, c’est que quand je suis revenu le cours suivant, ce n’était plus lui qui nous enseignait. Depuis ce jour, j’ai une peur bleue des pinces coupantes, et je ne suis jamais remonté dans une auto de la marque Ford.
Texte de Sarah Boucher
2024
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Prochaine histoire :

L'inoubliable MOrtelle
Le conteur Paul Bradley a animé des ateliers dans les cours de français de 4e secondaire à l’école secondaire Wilfrid-Léger. Avec l’aide de leur professeur, les élèves ont rédigé des textes et réalisé des enregistrements qui, peu à peu, ont fait émerger un Waterloo secret et fictionnel : Oolretaw!
Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…
Ce projet est rendu possible grâce à l’apport de la Ville de Waterloo, de l’école secondaire Wilfrid-Léger et Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.


