top of page
titre Oolretaw fond noir.jpg
Logo 2_gris.png

 

Tu es arrivé au seuil d’Oolretaw. 
 
Ici, les frontières entre le réel et l’imaginaire se brouillent. Lorsque les lampadaires municipaux s’allument, la ville bascule dans un univers miroir aux reflets fantastiques. Les lieux se métamorphosent, et des événements inattendus surgissent. 

Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

Voici la suite du circuit fictionnel  Oolretaw !

De nouvelles stations apparaissent  sur la carte géolocalisant les histoires, de nouveaux textes s'ajoutentent aux anciens, en plus d'audios améliorés...

Station7-02.jpg
David Ouguedir

L'avocat du diable

Comme la journée était paisible, avec un ciel ensoleillé et un air frais, on peut dire qu’elle était parfaite pour une journée de congé à la plage. L’homme qui cherchait à aller décompresser au bord de l’eau était un avocat respecté dans la trentaine, de taille moyenne à la chevelure brune abondante. James avait besoin de détente. Il prenait tellement son travail d’avocat à cœur qu’il était constamment stressé et avait du mal à décrocher. Il devenait très sérieux lorsqu’il défendait une cause, parfois un peu trop. Tout le monde avait droit à un avocat… même un tueur en série d’enfants? Son dernier procès lui revenait en boucle en tête. C’est pour cette raison qu’il avait pris la décision de consacrer son samedi au grand complet à la détente pour profiter du beau temps. Il en avait les moyens, ses clients payaient bien.

 

Pendant le trajet vers la plage, James sentit ses muscles relâcher, comme si la pression cumulée s’était envolée juste à l’idée d’une journée de congé.  Il était sûr d’avoir choisi le bon moment et sentait que tout allait bien se passer. Par le temps qu’il arrive à la plage, la température s’était refroidie de quelques degrés, il faut dire que le ciel s’était ennuagé, masquant par moment le soleil.  Pour le moment, ce n’est rien de grave, mais il faisait nettement moins beau que ce matin lorsqu’il a quitté la grande ville. James sentit sa mauvaise humeur le rattraper, mais cette fois-ci, ce n’était pas en rapport à son emploi, mais pour une cause météorologique. Il décida d’en rire et de simplement profiter de cette journée qu’il avait consacrée à lui-même.

Il voyait quelque chose au loin

 

Allongé sur une chaise longue confortable, yeux fermés derrière ses lunettes de soleil griffées, James se faisait bronzer. Il ouvrit les yeux, admirant la vue. Il avait la plage pour lui seul ce jour-là. Après quelques heures au soleil, il ressentit le besoin de se divertir. Il loua un kayak pour aller se promener sur l’eau. À partir du quai, il rama paisiblement. Aux alentours, rien en vue, aucune autre embarcation. Il avait le lac pour lui seul. Il décida alors de prendre un souvenir du beau paysage. Il sortit donc son téléphone prit une première photo, et, sur l’écran de son cellulaire, quelque chose attira son attention. En plissant les yeux, il voyait quelque chose au loin. En zoomant, il distingua deux enfants qui nageaient agressivement, comme s’ils étaient en train de se noyer. James posa son appareil, inquiet comme une souris encerclée de chat. Il regarda l’horizon dans la direction de sa prise de photo et aucune trace des enfants. James essaya de se rassurer en se disant que son cellulaire devait avoir un problème.  Il réessaya de prendre une photo et, encore une fois, l’écran de la caméra affichait les deux mêmes enfants qui avaient l’air de se noyer, mais cette fois, ils s’étaient rapprochés d’une vingtaine de mètres en quelques secondes. James n’arrivait toujours pas à les voir sans l’aide de son téléphone. Il avait la boule au ventre.

 

James n’avait qu’une seule envie, rentrer chez lui. Il rama fermement en direction du quai de la plage. Après quelques minutes de déplacement nautique, il vit un corps d’enfant qui flottait juste à côté de son kayak. James eut une peur bleue. Il rama de plus en plus vite avec l’obsession de rentrer à la maison. Puis, reprenant ses esprits, il décida que la meilleure chose à faire était d’appeler la police locale pour les prévenir de la présence d’un enfant mort flottant sur le lac.  En signalant ses mains tremblaient comme une feuille au point qu’il en échappa son téléphone dans l’eau. À ce moment James n’avait pas pu prévenir la police.

 

James terrorisé recula au fond de la minuscule pièce

Après avoir amarré au quai, James était parcouru de frissons tout le long de son corps. Il avait terriblement mal au ventre à cause du choc nerveux qu’il venait de subir. Il se précipita dans les toilettes publiques de la plage. En soulageant ses besoins, il se demandait ce qu’il devait faire ensuite. James se lavait les mains quand, soudainement, il entendit une jeune fille crier à l’aide. Sa voix était intense, son cri tellement fort que James paniqua. Au bout d’un moment, pour se ressaisir, James se pencha vers le lavabo et s’aspergea le visage d’eau.  Quand il releva la tête, il vit dans le miroir un enfant lui hurler dessus. James terrorisé recula au fond de la minuscule pièce. De là il aperçut une petite main sortir de la cuvette. La main essayait de l’attraper. James, affolé, tenta de sortir de la toilette publique, mais la porte d’acier était verrouillée.

À l’intérieur, les cris étaient de plus en plus forts.

 

 Texte de David Ouguedir
2025

Histoire originale du circuit Oolretaw 

Aurélie Bourassa

La légende du lac Waterloo

Il était bientôt minuit lorsque je me souvins du plan que mes copines et moi avions élaboré. Je me faufilai entre mes oncles et mes tantes jusqu’à l’entrée où je revêtis d’un manteau de plume, une tuque vert forêt qui complémentait ma longue tignasse blonde et une écharpe à la fois épaisse et douce comme la fourrure d’un lama, puis claquai la porte derrière moi. Je m’engageai sur la piste cyclable faiblement éclairée pour me rendre au point de rendez-vous. J’entendais les dernières feuilles aux arbres qui se faisaient bercer par la faible brise et les clapotis de l’eau qui résonnaient. J’avais les pommettes rosées par le froid lorsque j’aperçus le parc de jeux à quelques mètres de moi. Normalement bondés comme un parc d’attraction, ils étaient déserts. Plus je les scrutais, plus j’avais l’impression qu’ils s’étaient mis à danser doucement et à grincer comme s'ils étaient animés. Je m’arrêtai nettement puis réalisai que ça ne devait être qu’un vent du nord qui se manifestait, puisque ceux-ci se faisaient de plus en plus récurrents depuis quelques jours déjà.

 

Je continuai ma route en observant le reflet de la pleine lune sur le lac partiellement gelé.

 

C’est alors que j’aperçus une petite tuque rose qui se laissait bercer près de la rive. Comme d’habitude, la curiosité prit le dessus et je m’approchai du quai à quelques mètres de moi. L’objet en laine se dirigeait droit vers moi, probablement porté par le courant. Le quai était fortement instable, mais je réussi à me pencher pour attraper l’objet rose flottant. La tuque me rappelait fort une vielle légende qui m’avait été répétée encore et encore. Il s’agissait de l’histoire d’une petite fille, qui un jour d’Action de grâce avait été attirée dans le lac par quelque chose. Elle n’aurait jamais été retrouvée. Seule sa petite tuque rose avait été repêchée. Amusée, Je me relevai et décidai de continuer mon chemin.

 

J’étais à peine retournée lorsque j’entendis des paroles que je ne pourrai jamais oublier. Mon sang se glaça aussitôt.

 

Une voix d’enfant criait à l’aide du bout du quai.

 

Je remis mes yeux sur celui-ci et vis de petites mains délicates essayant de s’agripper au bois. Confuse et paniquée, je m’accroupie afin d’étirer ma main vers celles de l’enfant. Le vent commença à se lever et l’agitation de l’eau se transforma en de grandes vagues définies. J’étais à un cheveu de l’attraper lorsque je me sentis tirée de l’autre sens. Je vis une dame âgée, frêle et mal en point à ma droite. Avant même que j’aie la chance de protester, elle me montra du doigt l’extrémité de la plateforme flottante et c’est là que je vis les petites mains innocentes devenir longues et affreuses. Elles étaient si rongées par l’eau qu’il y avait des lambeaux de peau qui se détachaient. Ses ongles étaient longs et sales. D’étranges bruits se faisaient entendre de sous le quai et bientôt une créature ignoble sortit de l’eau. La scène avait l’air tout droit sortie d’un film d’horreur. Les cheveux de la chose étaient gorgés de boue et d’algues.

 

Mon cœur battait à la chamade, j’avais l’impression qu’il allait sortir de ma poitrine et prendre ses jambes à son coup. Je reculai lentement, tétanisée par l’énorme chose qui rampait vers moi. Je n’arrivais pas à prononcer un mot et encore moins à crier. Ça devint de plus en plus dur de bouger et mes pieds furent bientôt prit dans le béton. Aucun de mes membres ne répondaient, mais la créature elle, me rattrapait. Je respirais si fort qu’un nuage du bué m’entourait. Ma tête commença à se faire lourde, et je tombai à la renverse telle une planche de bois. Je vis du coin de mon œil la dame s’approcher du monstre et une lueur blanche sortir de ses mains ou de sa poitrine. Je ne savais plus, j’essayais de percevoir la scène mais mes yeux s’assombrissaient rapidement.

 

Bientôt, le néant m’envahi.

 

Lorsque je repris mes esprits et que je me levai, j’étais seule. Il n’y avait aucune trace de ce que je venais de vivre. Je me jetai sur mon téléphone et je recherchai sur la légende du lac Waterloo. Au bas de la page, il y avait l’avis de recherche toujours actif avec une image qui montrait à quoi la petite fille disparue ressemblerait aujourd’hui. La fausse photo avait été refaite pour la dernière fois six mois au paravent. Dès que je l’aperçus, mon visage se crispa. Je laissai tomber mon téléphone qui éclata en tombant au sol.

 

La photo reconstituée ressemblait comme deux gouttes d’eau à la vieille dame qui m’avait sauvée.

 

 

Texte de Aurélie Bourassa

2024

 

Explore chacune des autres stations !

 

 

Découvre l’intégralité du parcours fantastique

logo_oolretaw2 copie.png
_Carte_matrice_Oolretaw_2.jpg
vous_etes_ici_transparent.png

 

Prochaine histoire :

Station8-02.jpg

La Pince coupante

de Marko St-Hilaire

Sarah Boucher

Le conteur Paul Bradley a animé des ateliers dans les cours de français de 4e  secondaire à l’école secondaire Wilfrid-Léger. Avec l’aide de leur professeur, les élèves ont rédigé des textes et réalisé des enregistrements qui, peu à peu, ont fait émerger un Waterloo secret et fictionnel : Oolretaw!

Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

Ce projet est rendu possible grâce à l’apport de la Ville de Waterloo, de l’école secondaire Wilfrid-Léger et Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.​

  • Grey Facebook Icon
  • Grey Instagram Icon
  • LinkedIn
  • Spotify

 © 2023 Paul Bradley storyteller numérique

bottom of page