
Tu es arrivé au seuil d’Oolretaw.
Ici, les frontières entre le réel et l’imaginaire se brouillent. Lorsque les lampadaires municipaux s’allument, la ville bascule dans un univers miroir aux reflets fantastiques. Les lieux se métamorphosent, et des événements inattendus surgissent.
Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

Le pont de l’emprisonnement
J’avais tellement hâte de me trouver un travail ! Ça faisait si longtemps que je me cherchais un emploi. J’avais toujours voulu pouvoir livrer le journal. Cela me permettrait de faire du sport à tous les matins et de pouvoir aider mes parents à payer l’épicerie, tout en m’amusant. J’imaginais les visages heureux des personnes âgées qui verraient un adolescent de Waterloo, grand comme un lampadaire mais maigre comme un cure-dent arriver avec leur journal tant attendu. J’ai fini par me faire engager par la compagnie livrant le journal local et ce jour-là j’ai fait ma première tournée. Il faisait très beau et chaud pour un matin de novembre. Heureusement car je n’avais qu’un chandail blanc déchiré et un vieux jeans troué pour me garder au chaud.
Arrivé proche du lac, j’ai vu l’ancien pont pour les trains.
Je devais le traverser pour pouvoir passer de l’autre côté du plan d’eau. Quand mes vieux souliers bruns troués se sont posés sur la plate-forme, mon sentiment de bonheur a complétement disparu, remplacé par une impression de stress. Je ne comprenais pas pourquoi, il n’y avait aucune vraie raison que je pouvais m’imaginer.
Des jours plus tard, après une dizaine de passages sur le pont, j’ai commencé à entendre des voix très faibles quand je me trouvais au milieu. À chaque fois que je les entendais, je regardais à l’entour de moi mais je ne voyais rien. Même si cela arrivait à chaque fois que je passais par-là, je me disais que c'était seulement la hauteur qui me stressait ou juste des oiseaux perchés en dessous du pont qui créaient les sons bizarres.
À ma onzième journée de travail, quand je suis arrivé proche du pont, j’ai hésité à y mettre mon pied car je me rappelais du sentiment que cette architecture me donnait. Malheureusement, j’ai décidé d’y aller quand même. Ce fut la pire erreur de ma vie. Quand j’ai posé le pied sur le pont, un train silencieux jusque là à surgit dans un vacarme d’enfer et m’a percuté.
Le choc a séparé l’âme de mon corps.
Je ne savais pas si j’étais mort car je pouvais encore voir ce qui se passait.
Quand je me suis calmé, j’ai découvert que j'étais emprisonné à l’intérieur du pont. Je pouvais voir à l’extérieur mais je ne pouvais pas sortir. J’ai tout essayé mais rien ne marchait. Pendant des jours et des jours qui se sont transformés en semaines, j’ai essayé de sortir de cette prison mais après trois semaines épuisantes, j’ai laissé faire et j’ai accepté mon destin.
Un jour, j’ai entendu des gens qui marchaient sur le pont. C’étaient mes amis du secondaire qui exploraient les environs. Ils parlaient de comment ils avaient trouvé mon corps dans l’eau après ma mort. En entendant cette phrase, j’ai réalisé que c’était mon âme qui était captive du pont de l’emprisonnement.
Texte de William Laporte
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Découvre l’intégralité du parcours fantastique d’Oolretaw en explorant chacune de ses stations.


Prochaine histoire :

Une pluie de trop
Le conteur Paul Bradley a animé des ateliers dans les cours de français de 4e secondaire à l’école secondaire Wilfrid-Léger. Avec l’aide de leur professeur, les élèves ont rédigé des textes et réalisé des enregistrements qui, peu à peu, ont fait émerger un Waterloo secret et fictionnel : Oolretaw!
Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…
Ce projet est rendu possible grâce à l’apport de la Ville de Waterloo, de l’école secondaire Wilfrid-Léger et Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.
