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Tu es arrivé au seuil d’Oolretaw. 
 
Ici, les frontières entre le réel et l’imaginaire se brouillent. Lorsque les lampadaires municipaux s’allument, la ville bascule dans un univers miroir aux reflets fantastiques. Les lieux se métamorphosent, et des événements inattendus surgissent. 

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Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

Voici la suite du circuit fictionnel  Oolretaw !

De nouvelles stations apparaissent  sur la carte géolocalisant les histoires, de nouveaux textes s'ajoutentent aux anciens, en plus d'audios améliorés...

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Élie Boyer

Esprit d'équipe

C’était un après-midi calme et doux comme Célia les appréciait. Cela faisait déjà un bon moment qu’elle marchait quand elle s’engagea sur Le sentier des libellules. Des feuilles aux couleurs exquises jonchaient le parcours, faisant contraste aux vêtements sans vie de la jeune fille. Après avoir assisté à sa toute première rencontre du club de lecture, Célia débordait d’enthousiasme.

 

La rencontre de ce jour-là s’était avérée fort intéressante et avait grandement contribué à alimenter la curiosité de la jeune fille. L’adolescente âgée de 17 ans prit un plaisir presque enfantin à donner de bons coups de pied dans les tas de feuilles. Elle s’arrêta un moment et s’éprit de la beauté du monde recouvert des vêtements des arbres qui, eux, ne se plaignaient jamais. Pourtant, le vent venait et leur prenait tout ce qu’ils avaient, les laissant combattre le froid sans protection, mais ils restaient de marbre.

 

Enfin, Célia arriva au vaste espace en arrière des terrains de tennis entourés d’un immense dôme blanc. Elle alla s’adosser contre le mur près de la surface de hockey. En ces lieux se trouvait le repère de la jeune fille, son havre de paix. Rien ne la dérangeait, ni les gens, ni les graffitis étranges sur le mur, ni même la grille métallique qui se dressait derrière elle. De son sac à dos, elle extirpa un tout nouveau roman. Lentement, elle en respira le doux parfum et entreprit sa lecture.

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Hypnotisée par la magnifique pleine lune

 

De longues heures plus tard, le soleil dégringolait tranquillement de sa haute position dans le ciel, laissant place à la nuit. Quand il fit trop noir pour y voir, Célia sortit sa lampe de poche de son sac. Au même moment, les poteaux lumineux du terrain s’allumèrent dans un mouvement soudain. L’adolescente leva ses yeux ambrés de sa lecture pour contempler le ciel. Celle-ci fut hypnotisée par la magnifique pleine lune qui trônait là-haut. Tout à coup, la luminosité des ampoules se mit à vaciller. Le cœur de la jeune fille se serra. Après un instant, le système d’éclairage revint à la normale. L’adolescente ne put s’empêcher de relâcher un soupir de soulagement, même si elle se doutait bien qu’il était ordinaire pour un pareil système de faire défaut. Elle reprit sa lecture qui était de plus en plus captivante.

 

Soudain, entre deux lignes, Célia entendit des bruits qui semblaient venir de loin. Un frisson parcourut son corps. Elle s’y attarda un moment, puis se replongea dans sa lecture. Pourtant, à la fin de son chapitre, les mêmes sons retentirent à nouveau. Célia tendit l’oreille. Les bruits semblèrent se rapprocher et augmenter en volume. Ses mains tremblaient et son cœur battait si vite qu’elle croyait qu’il allait sortir de sa poitrine. L’adolescente distingua des cris et de petits frottements métalliques. Devenait-elle folle ou simplement était-elle plongée dans son roman envoûtant? Les cris cessèrent d’un coup. De fortes émotions submergeaient le cœur de la jeune fille. Celle-ci serra son roman au creux de ses bras. D’un léger mouvement de tête, elle scruta l’horizon, mais ne vit rien.

 

Elle ne pouvait faire autrement que de se sentir observée

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Le vent soufflait de plus en plus fort, faisant greloter la lectrice. Célia se sentait idiote. C’était comme s’il y avait des gens qui s’affairaient à leurs activités tout autour d’elle, mais il n’y avait personne. Du moins, c’est ce qu’elle croyait fermement. Célia éclata en sanglots. Plus rien n’allait. Elle était pourtant une personne rationnelle. L’adolescente ne croyait ni aux fantômes ni aux sortilèges, pourtant, elle ne pouvait faire autrement que de se sentir observée. Elle tenta de se ressaisir, mais rien ne fit cesser ses larmes. Célia resta, ainsi, recroquevillée sur elle-même, son roman enfoncé dans sa poitrine.

 

Cinq interminables minutes s’étaient écoulées quand Célia se ressaisit enfin. Elle prit son livre et le rangea. À ce moment, les cris reprirent plus fort. La jeune fille se raidit. Elle se sentait entourée, il y avait des gens, elle en était certaine. Célia était apeurée. Tranquillement, elle reprit le contrôle, puis leva la tête. Son corps se figea comme un bloc de glace. Elle voulut crier, partir, mais ses muscles ne répondaient plus. Devant elle s’étala un spectacle tout aussi fascinant que terrifiant. Des dizaines de personnes assises dans une estrade qui n’était pas là quand elle était arrivée. Tous observaient avec ferveur une partie de baseball qui se tenait devant elle. Célia était complètement abasourdie. Une dame s’approcha de celle-ci et lui demanda si elle allait bien. Célia ne répondit pas. La dame agita ses bras et lui demanda une seconde fois si elle allait bien.

 

Elle agrippa de sa main glacée celle de Célia et s’exclama qu’on dirait qu’elle avait vu un fantôme.

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Texte de Élie Boyer

 

2025

Histoire originale du circuit Oolretaw 

Mya Rainville

Le  pont de la mort

Il y a un an jour pour jour que j’ai perdu mon meilleur ami. C’était l’amour de ma vie, la personne la plus importante à mes yeux et cette nuit sombre, je m’en rappelle dans les moindres détails.

 

Tout se passait bien, nous revenions du Dollarama comme nous avions l’habitude de le faire chaque mardi. Nous empruntions les mêmes chemins aux mêmes heures, tout était pareil à l’exception de la pluie qui était brutalement apparue sur le chemin du retour. N’étant habillée que d’une petite veste et de shorts, je l’avais supplié d’arrêter au kiosque touristique qui était tout près sur notre chemin. Enfin au sec, nous prîmes un moment pour observer la petite pièce dans laquelle nous nous trouvions. Un raclement de gorge derrière nous nous fit sursauter.

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Une dame assez âgée nous observait d’un air interrogateur.

 

Elle était ridée et tenait à peine debout grâce à une canne. Quand mes yeux se posèrent dans les siens, un frisson parcourut mon corps et aujourd’hui encore je fais des cauchemars sur ce faux sourire aux dents pourries qu’elle m’avait lancé. Je me souviens également avoir levé la tête pour regarder le grand brun à mes côtés, espérant qu’il voit la peur dans mon regard, ce qu’il fit instantanément. En sortant, je tournai la tête pour voir la dame, mais rien, elle avait totalement disparu. Je me dis que c’était étrange, mais que c’étaient probablement juste mes yeux qui faisaient défaut, qu’elle était peut-être dans l’ombre et que c’est pour ça que je ne l’avais pas vue.

 

Une fois sortis, je remarquai que la nuit était tombée alors qu’au moment d’entrer dans la bâtisse, il faisait clair. J’en fis la remarque à mon compagnon qui n’était guère intéressé et normalisait la situation. Notre marche reprit d’un pas rapide, et le sentiment d’être observée s’empara de moi. Regardant les statues du parc dans lequel nous passions, je remarquai quelque chose d’étrange. Les statues nous fixaient du regard, et leurs yeux lugubres bougeaient, nous observant. Je crus mal voir dû à la pluie, me frottai les yeux, mais en les rouvrant, je m’aperçus que les statues avaient disparu ainsi que mon complice.

 

Le stress grimpa d’un coup.

 

Je me mis à trembler malgré la chaleur. Des gouttelettes de pluie coulaient dans mon dos. Je fouillai le parc du regard, cherchant une cachette où il aurait pu se dissimuler pour me faire peur, mais rien. Puis un hurlement de terreur résonna en provenance du pont piéton.  En plissant les yeux, je vis mon ami. Il se trouvait plus loin, sur le rebord du pont éclairé. Debout en semi-équilibre, il se balançait au vent comme possédé. La peur se lisait dans ses yeux, pourtant son visage était de marbre. Je courus pour m’approcher et le tirer du bord, mais quand ma main allait attraper la sienne, c’était trop tard, il était déjà en chute libre. Mes oreilles se mirent à bourdonner, une sorte de sifflement résonnait dans ma tête, je n’ai rien pu faire…

 

Revenant à moi après quelques secondes d’absence, je sortis mon cellulaire de ma poche. Il était trempé, mais je fis de mon mieux pour le sécher avec le peu de linge sec qu’il me restait. Tremblante comme une feuille en pleine tempête, je tapai le numéro des urgences, et d’une voix éteinte, j’expliquai à la dame ce qui c'était passé. Une fois la police arrivée, ils m’amenèrent au poste où l’on me posa des tas de questions. Je leur ai tout expliqué, qu’il n’avait jamais eu de pensées sombres, de ce que je sache, et puis l’accumulation des évènements me laissai croire qu’il ne l’avait pas fait de son plein gré.  Un vieux policier me raconta que ce n’était pas la première fois que ça arrivait, plusieurs cas de suicides de ce genre s’étaient produits dans les cinquante dernières années.

 

À ce jour, je ne comprends toujours pas ce qui est arrivé sur le pont, mais je sais que je n’ai pas rêvé, sinon mon ami serait toujours à mes côtés.

 

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Texte de Mya Rainville

2024

 

Explore chacune des autres stations !

 

 

Découvre l’intégralité du parcours fantastique

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Prochaine histoire :

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Les arbres du parc Robinson

Jeanne Proulx

Le conteur Paul Bradley a animé des ateliers dans les cours de français de 4e  secondaire à l’école secondaire Wilfrid-Léger. Avec l’aide de leur professeur, les élèves ont rédigé des textes et réalisé des enregistrements qui, peu à peu, ont fait émerger un Waterloo secret et fictionnel : Oolretaw!

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Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

Ce projet est rendu possible grâce à l’apport de la Ville de Waterloo, de l’école secondaire Wilfrid-Léger et Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.​​

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 © 2023 Paul Bradley storyteller numérique

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