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Nouvelle station 2026 !

TEXTE INÉDIT 

Ce texte et son extrait sonore s'inscrivent dans la suite du circuit fictionnel  Oolretaw lancé en 2025.

 

Tu es arrivé au seuil d’Oolretaw II. 
 
Ici, les frontières entre le réel et l’imaginaire se brouillent. Lorsque les lampadaires municipaux s’allument, la ville bascule dans un univers miroir aux reflets fantastiques. Les lieux se métamorphosent, et des événements inattendus surgissent. 

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Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

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Gabriel Hauto-D'Ivernois

Rends-moi mon vélo !

Mario marchait nonchalamment à côté de son vieux vélo sur le long du trottoir de la rue Lewis. Il y avait déjà quinze minutes que le préadolescent avait dû débarquer de sa bicyclette suite à une crevaison dans sa roue arrière. Son casque trop serré lui compressait le crâne en laissant seulement quelques-unes de ses mèches blondes dépasser, tandis que la semelle de ses beaux souliers blancs peinait encore à demeurer accrochée. Dehors, un vent frais accompagné de quelques flocons de neige faisait danser les brindilles des arbres. Les guirlandes et les lumières festives sur les maisons venaient éclairer la noirceur hâtive de la saison. Heureusement qu’il avait pensé à prendre le plus épais de ses cotons ouatés avant de partir, afin de garder au chaud son petit corps amaigri. Certes, son vélo ne roulait plus correctement, mais Mario voulait tout de même s’arrêter à la halte de la Pumptrack, ne serait-ce que pour se poser quelques minutes.

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En arrivant, il déposa son vieil engin métallique dans l’herbe, puis alla s’assoir hâtivement sur le banc d’une table à pique-nique. En reprenant son énergie, il observa son vélo posé au sol à quelques mètres de lui. La honte. Il souhaitait plus que tout en recevoir un nouveau à Noël, un qui rendrait jaloux tous les autres adeptes de la Pumptrack. Il faut dire qu’il se faisait souvent narguer par les autres enfants en raison de la bécane rouillée qu’il s’était fait offrir des années auparavant.

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Ce vélo, c’était celui dont il rêvait.

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Mario sortit de la Lune lorsqu’un des lampadaires qui éclairait la halte se mit à clignoter. En dessous du faisceau lumineux, il vit un vélo, posé sur une des poutres en métal. De loin, il paraissait briller de son bleu éclatant, comme si une aura magique émanait de la bicyclette. C’était clair qu’elle était flambante neuve. Par curiosité, Mario s’approcha pour l’observer. Ce vélo, c’était celui dont il rêvait. Les pneus, le cadre, les pédales, les suspensions, tout était parfait avec cet engin. Mario se sentit envahi d’émerveillement face à ce magnifique bolide. Il regarda autour de lui pour voir qui pouvait être le chanceux propriétaire de ce vélo. Il ne vit personne, pas même un chat.

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Un frisson d’inquiétude lui parcourut le long du dos. Le trouillard se dit qu’on lui faisait une blague, et que le propriétaire du vélo bleu allait surgir d’un buisson pour lui faire peur. Pourtant, cet objet magique semblait réellement abandonné sur place. Sur une des poignées du guidon, un pendentif en or y était accroché. Au bout de la chaîne se trouvait une photo d’un gamin de l’âge de Mario avec le nom « Jonathan Blanchard » écrit en dessous, suivi de l’adresse : «152 rue Lewis, Waterloo ».

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Ce qui dérangeait Mario lorsqu’il regardait la photo, c’était le visage effrayant du jeune garçon. Un visage sans vie, qui souriait à peine, et des yeux bruns grands ouverts accompagnés de cernes immondes. Ce garçon n’était guère beau. Le sang de Mario se glaça. Il avait l’impression que Jonathan l’observait à travers la photo, comme s’il l’avertissait de ne pas toucher à son vélo. Et pourtant, le vélo l’attirait plus que tout. C’est en tremblant que Mario enfouit le pendentif dans sa poche puis posa ses mains moites sur le guidon.

Au contact de ses doigts avec le caoutchouc bleu, le jeune blond sentit une immense vague de puissance monter en lui. Il resta accroché aux poignées fermement en admirant cette sensation d’invincibilité que lui procurait cette bicyclette. Ce sentiment redoubla d’intensité lorsqu’il décida de poser ses fesses sur la selle et ses pieds sur les pédales. Mario ne put résister, il donna quelques coups affirmés de pédale et embarqua sur la piste. Dès les premiers tours, c’est comme s’il eut été béni d’un talent divin. Il n’avait jamais été aussi à l’aise à vélo sur la Pumptrack. Il sautait et pirouettait au-dessus des bosses, et retombait sans la moindre secousse. Ses figures devenaient de plus en plus complexes et impressionnantes, et ce, sans efforts. Mario se sentit léger, soulevé, puis enfin envolé. Ce vélo magique lui donnait des supers pouvoirs, il en était sûr. Il fallut peu de temps avant que le préadolescent se mette à naviguer au-dessus de l’asphalte. Il s’éleva dans les airs comme le traîneau du Père-Noël. Il ferma les yeux et se laissa emporter par cette magie.

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C’est à ce moment qu’il le vit.

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Soudain, un cri puissant vint l’interrompre, et Mario tomba. Tout endolori, il releva la tête en direction du cri. C’est à ce moment qu’il le vit. Planté là, à quelques mètres devant lui. Jonathan le fixait de ses yeux cernés sans dire un mot en gardant ses bras le long de son corps. Mario interpella le jeune garçon, mais il ne reçut aucune réponse de sa part. Ses poils commencèrent à se dresser, et ses dents à claquer. D’une voix tremblante, Mario s’excusa au petit Blanchard, lui expliquant qu’il n’utiliserait plus sa bécane, mais il n’obtint toujours aucune réponse. À la place, Jonathan continua à le pénétrer du regard. Le peureux se débarrassa du vélo qui lui écrasait le ventre, puis se releva. C’est à ce moment que le propriétaire de la bicyclette cria.

- « TU AS VOLÉ MON VÉLO ! C’EST MON BEAU VÉLO !»

- « Je, je suis dé-désolé, pleurnicha Mario. Je ne voulais p...»

- « SALE VOLEUR ! JE VAIS TE FAIRE PAYER POUR ÇA !»

C’est alors que le petit garçon commença à marcher d’un pas agressif vers lui. Mario échappa quelques gouttes d’urine dans ses sous-vêtements en restant figé. C’est lorsque Jonathan fut à moins d’un mètre que Mario pris la fuite. Il embarqua tout de suite sur le vélo et commença à pédaler de toutes ses forces. Il sortit de la piste, puis tourna à gauche pour rejoindre le trottoir menant vers chez lui. Son cœur battait la chamade. Il pédala de plus belle lorsqu’il entendit le garçon le courser en criant derrière lui.

La côte étant intense, les jambes de Mario commencèrent à brûler. Son corps faillit se rompre lorsqu’il se retourna. Jonathan volait à quelques pieds du sol, et le fixait avec des yeux rouges brillants, vifs comme du sang. Les pantalons de Mario étaient maintenant trempés d’urine. La course qui suivit entre les deux fut encore plus intense qu’au début de la fuite.

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Le lendemain matin, Mario s’empressa de manger son déjeuner. Il ignora sa mère, qui lui parlait d’un article de la presse, d’un accident, d’un jeune mort à Waterloo. Mario sortit de chez lui en allant chercher le beau vélo bleu dans sa cour arrière. Sa mère ne posa pas de questions, seulement un bec qu’elle lui posa sur le front avant qu’il sorte. Le jeune garçon traversa les rues sous la pluie en repensant à la veille. Toute cette comédie ne devait être que le fruit de son imagination, sous l’effet de peur. Mais il était tout de même convaincu que le vélo qu’il avait en quelque sorte volé appartenait au petit Jonathan Blanchard. Lorsqu’il arriva à l’adresse inscrite sur le pendentif, Mario déposa le bolide dans l’herbe et frappa à la porte. Ses jambes faillirent flancher lorsque M. Blanchard, qui lui ouvrit, lui apprit que son fils était le jeune décédé qui figurait à la une du journal local. Son enfant était mort quelques jours auparavant en se rendant à la Pumptrack.

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Texte de Gabriel Hauto-D'Ivernois

2025

 

Tu es arrivé au seuil d’Oolretaw. 
 
Ici, les frontières entre le réel et l’imaginaire se brouillent. Lorsque les lampadaires municipaux s’allument, la ville bascule dans un univers miroir aux reflets fantastiques. Les lieux se métamorphosent, et des événements inattendus surgissent. 

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Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

 

Explore les autres stations !

 

Découvre l’intégralité du parcours fantastique d’Oolretaw en explorant chacune de ses stations.

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Prochaine histoire :

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Le pont de l'emprisonnement

William Laporte

Le conteur Paul Bradley a animé des ateliers dans les cours de français de 4e  secondaire à l’école secondaire Wilfrid-Léger. Avec l’aide de leur professeur, les élèves ont rédigé des textes et réalisé des enregistrements qui, peu à peu, ont fait émerger un Waterloo secret et fictionnel : Oolretaw!

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Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

Ce projet est rendu possible grâce à l’apport de la Ville de Waterloo, de l’école secondaire Wilfrid-Léger et Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.​​

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 © 2023 Paul Bradley storyteller numérique

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