Nouvelle station 2026 !
TEXTE INÉDIT
Ce texte et son extrait sonore s'inscrivent dans la suite du circuit fictionnel Oolretaw lancé en 2025.
Tu es arrivé au seuil d’Oolretaw II.
Ici, les frontières entre le réel et l’imaginaire se brouillent. Lorsque les lampadaires municipaux s’allument, la ville bascule dans un univers miroir aux reflets fantastiques. Les lieux se métamorphosent, et des événements inattendus surgissent.
Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

Une école la nuit
J’attendais Addy sur le perron de notre école secondaire. Elle voulait être accompagnée pour chercher le collier que sa grand-mère lui avait donné en héritage et qu’elle avait apparemment échappé en se changeant en éducation physique, son dernier cours de la journée. Moi, j’aurai tout donné pour finir en éduc. Le sport me permet de me vider la tête, comme une sorte de thérapie. Je suis dans l’équipe de football de Wilfrid-Léger depuis mon entrée au secondaire, il y a quatre ans. Ça m’a permis de décompresser face à la mort de mon père dans un accident routier. Bref, en regardant mon téléphone, j’ai vu qu’il était 21 heures passées, Addy aurait dû être arrivé. Alors que je lui écrivais un message, j’ai entendu un son ressemblant à : « Je te vois. » Perplexe, j’ai scruté l’horizon pour apercevoir mon interlocuteur, mais rien. Je pensais alors que le froid glacial me faisait avoir des hallucinations. C’était plutôt compréhensible, le vent me fouettait en plein visage en échevelant mes cheveux châtains bouclés. Pour me protéger de l’air glacé, je ne pouvais compter que sur mon manteau d’hiver et mes souliers.
j’ai entendu un son ressemblant à : « Je te vois. »
Quand Addy arriva, je remarquai les flocons qui étaient tombés dans ses longs cheveux bruns. Ses joues rougies par le vent frigorifiant du mois de décembre me faisaient craquer pour elle. Je la saluai et je déposai un baiser sur ses lèvres. Elle me fit alors son sourire irrésistible qui fit fondre mon cœur.
- Comment on fait pour entrer? demandai-je.
- Théodore, mon père est le directeur de l’école. Il m’a prêté les clés pour qu’on aille chercher mon collier. D’ailleurs, il m’attend dans l’auto, me rappela-t-elle.
- Ok, allons-y alors, déclarai-je.
Après qu’Addy ait débarré la porte, nous entrâmes dans l’école. Je remarquai qu’un néon clignotait trois fois, puis s’éteignait pendant trois secondes. Ça n’arrêtait pas. Je sentis un frisson dans mon dos, mais je ne voulais pas inquiéter ma copine, donc je ne me posai pas trop de questions.
Je commençai à sentir la panique monter tranquillement...
Addy entra dans le vestiaire des filles et je décidai de l’attendre dans le gymnase. J’entendais les portes de casier s’ouvrir, puis se refermer. Il y avait aussi les soupirs de mon amoureuse qui indiquaient qu’elle reviendrait probablement bredouille de notre mission. Ce collier qu’elle cherchait était très important pour elle. Un long silence se fit entendre. Je fronçai les sourcils en tendant l’oreille. Je commençai à sentir la panique monter tranquillement, car je n’entendais plus Addy.
- Théodore! hurla Addy.
Mon cœur fit trois tours et je manquai de tomber par terre. Je me ressaisis et j’entrai en trombe dans le vestiaire pour secourir Addy. Des visions me hantaient, j’avais peur de ce que j’allais trouver. Un vague de bonheur s’empara de moi quand je vis Addy, le sourire jusqu’aux oreilles tenant son collier entre ses mains.
- Regarde mon cœur, je l’ai retrouvé, me dit-elle, avec un air enjoué. Tu peux me l’attacher, s’il te plait?Me questionna-t-elle.
Je me dirigeai vers elle pour exécuter sa demande tout en la suppliant de ne plus jamais me faire une telle frayeur. J’attachai le collier, puis la pris par la main pour enfin rentrer chez nous.
La vieille horloge de la cafétéria sonna trois coups, alors que nous sortions du vestiaire. Je regardai l’heure sur mon téléphone. Il indiqua 21h21. Je constatai donc que cette horloge était non seulement aussi vieille que notre prof de math, mais aussi déréglée. Ma réflexion philosophique sur l’horloge ancestrale de l’école s’interrompit quand Addy lâcha ma main. Je me retournai pour la regarder, seulement ce que je vis me glaça le sang. Le collier qu’elle portait se resserrait lentement autour de son coup. Addy était paniquée, elle n’arrivait plus à parler. J’essayai de lui détacher, mais mes mains tremblaient trop. Je décidai donc de lui arracher, mais c’était tellement lourd! J’avais l’impression de tirer un édifice tout entier. Tout à coup, la perle du collier maudit s’illumina d’un rayon rouge qui me brûla la rétine. C’est alors qu’un fantôme sortit de la perle, plus précisément celui de la grand-mère d’Addy, qui lui avait donné ce collier. Je tremblais et j’avais la nausée. Je ne comprenais pas ce qu’il se passait. Les larmes coulaient sur mes joues. Je voulais sauver Addy, mais la peur me pétrifiait.
- Addy, la mort a fait sonner l’horloge qui rend les morts fous. Quelqu’un doit mourir ! trancha sa grand-mère.
J'espérais que ce soit seulement un cauchemar.
Il s’en suivit le rire diabolique du vieux spectre, puis son regard s’assombrit jusqu’à exprimer une émotion qui ressemblait à de la haine. L’expression de son visage m’effraya. Addy était en train de mourir étouffée, je me précipitai vers elle pour réessayer de lui enlever son collier. Ça ne marchait pas, je m’étais donc résolu à la serrer dans mes bras en lui disant que je l’aimais. Je pleurais toutes les larmes de mon corps, espérant que ce soit seulement un cauchemar. Je sentis alors son corps s’envoler vers le plafond. Sa grand-mère était dans les airs, avec elle, en pointant ses mains vers Addy, elle la contrôlait. La peau d’Addy se mit à fondre, comme si de l’acide la brûlait, révélant les sous-couches de chair. Je voyais la douleur dans ses yeux, je voulais la sauver, mais elle était trop haute, je n’arrivais pas à attraper ses pieds. Un sentiment de culpabilité m’envahit.
- Addy! criai-je du plus profond de mes poumons.
Elle ouvrit la bouche, mais pas pour me répondre. Sa bouche s’ouvrit si grande que ses joues se déchirèrent, laissant son sang couler jusqu’au sol. Elle était à moitié consciente depuis déjà quelques minutes, mais à ce moment, je la vis partir. Ses paupières s’étaient fermées à tout jamais. Une vague de colère et de tristesse m’envahit. Je me ruai alors sur la grand-mère diabolique pour la frapper et lui faire payer son meurtre. Seulement, avant que je puisse l’atteindre, elles disparurent.
La vieille horloge sonna encore trois coups. Je ne pris pas le temps de regarder l’heure cette fois-ci. Je pris mes jambes à mon cou. J’étais traumatisé, Addy venait de mourir. Je pleurais en me rappelant la vision d’horreur, où Addy se désintégrait. Je me rendis à la sortie encore sous le choc. Je poussai alors un long cri de désespoir. Elle venait de disparaître sous mes yeux et je n’avais rien pu faire pour la sauver. Mon regard se posa sur le ciel. Les nuages se dispersèrent, m’offrant une vue sur un ciel dégagé.
Malgré mon chagrin, je remarquai alors une chose étrange. Il y avait une seule étoile dans le ciel, cependant, son éclat était superbe. Je remarquai alors qu’elle avait une forme de A. Je n’en croyais pas mes yeux, je me demandai si ça voulait dire ce que je pensais.
- Addy, chuchotai-je.
L’étoile clignota trois fois avant de s’éteindre trois secondes, puis de recommencer cette suite.
Texte de Ellie-Anna Beaudin
2025

Les élèves de Wilfrid-Léger nous ferons voyager ailleurs dans l'univers d'Oolretaw.
Toutes les nouvelles histoires en ligne le 15 juin 2026
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Prochaine histoire :

À venir bientôt...
Le conteur Paul Bradley a animé des ateliers dans les cours de français de 4e secondaire à l’école secondaire Wilfrid-Léger. Avec l’aide de leur professeur, les élèves ont rédigé des textes et réalisé des enregistrements qui, peu à peu, ont fait émerger un Waterloo secret et fictionnel : Oolretaw!
Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…
Ce projet est rendu possible grâce à l’apport de la Ville de Waterloo, de l’école secondaire Wilfrid-Léger et Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.


