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Tu es arrivé au seuil d’Oolretaw. 
 
Ici, les frontières entre le réel et l’imaginaire se brouillent. Lorsque les lampadaires municipaux s’allument, la ville bascule dans un univers miroir aux reflets fantastiques. Les lieux se métamorphosent, et des événements inattendus surgissent. 

Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

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Émily Brasseur

La nuit qui a tout CHangé

Les lumières bleues et rouges se défilèrent devant mes yeux, rien ne s’était déroulé comme prévu. Personne ne pourra jamais trouver une explication rationnelle. Tout s’est passé si vite, même si j’étais présente, que j’ai vécu ces moments précis, je ne pourrai pas les expliquer. Ils pensent tous que j’ai perdu la tête. Je n’oublierai jamais cette soirée où ma vie a changé...

***

Depuis des mois, je faisais des cauchemars répétitifs sur cette maison. Je m’y reconnaissais sans pourtant être moi. Une fois endormie, je me retrouvais systématiquement devant un miroir où je me voyais, avec cette petite figure qui me faisait signe de la suivre… Puis je me réveillais en sueur, espérant jour après jour que la nuit prochaine soit différente.


Peut-être la toiture irrégulière, composée de pignons et de tourelles, ou bien le balcon ornementé qui se prolonge sur la façade, intriguaient — mais qu’est-ce qui magnétisait vraiment mon imagination nocturne ? Matin comme soir, je passais en pédalant devant le vieux bâtiment abîmé qui semblait attendre patiemment des jours meilleurs sans écroulement intempestif. La demeure construite par le docteur Jameson, mieux connue sous le nom de résidence Blake, m’invitait du regard. Mes yeux ne pouvaient résister à se tourner dans sa direction.
Mes amis disaient que je devais cesser de me faire des scénarios, d’arrêter de gratter la surface de choses qui ne me concernaient pas.

Mais au fond de moi, je savais que cela dépassait la simple obsession.

Une force me poussait à explorer les sombres recoins de cette maison qui, auparavant, avait servi de repaire à un médecin atteint du syndrome de Galilée. Hélas, nombreuses avaient été les victimes de son besoin d’accomplir un exploit, devenant des offrandes sur l’autel de l’avancée scientifique. Tout le monde, à l’époque, le considérait comme fou. Sa curiosité l’avait poussé à commettre des actes...
Certains croyaient que c’était parce qu’il avait étouffé une vérité biblique et que Dieu lui-même lui avait apporté malheur. D’autres disaient que c’était la maison qui l’avait rendu perché. Après de longues heures à supplier mon meilleur ami Newt, nous allions enfin découvrir la maison qui monopolisait mes pensées toutes les nuits.

***

Au seuil de la porte, j’ai senti mes jambes s’alourdir, comme si elles m’avertissaient du malheur qui pouvait m’accabler à tout moment. Cette petite voix dans ma tête me criait de faire marche arrière, mais j’avais déjà succombé à la tentation d’en savoir plus. Étrangement, la porte n’était pas fermée à clé, ou bien la serrure s’était encrassée avec le temps et le dispositif avait perdu sa fonction, laissant ainsi l’accès possible à tout venant. Lorsque Newt a ouvert la porte, nous sommes restés figés, prêts à affronter tout danger qui pointerait le bout du nez, mais seul le souffle de l’air froid frictionna nos joues rouges. Le silence qui régnait et l’absence apparente d’autres formes de vie mettaient en alerte notre sens inné du danger.

 

Un haut lustre suspendu, qui ne semblait pas avoir été utilisé depuis des siècles, s’accordait bien avec le reste du décor. La lune diffusait une faible lumière dans le vestibule, illuminant la vétusté de l’endroit : le papier peint élimé, les lambris vermoulus et les meubles antiques. Je scrutai d’un regard attentif l’une des nombreuses pièces quand un bruit venant du coin me fit sursauter. Newt illumina rapidement de sa lampe de poche le coin d’où provenait le son. Nous nous regardions bêtement lorsqu’on vit la petite silhouette à plumes qui nous avait apeurés.

Le bruit venait d’un simple corbeau au teint sombre et aux reflets bleutés, croassant au pied de l’horloge à pendule. Signe de malheur… Mon cœur semblait courir un marathon, ma respiration est devenue rapide et mon visage, blême.


Rien ne pouvait nous arriver, pas vrai ?


C’est la nature menaçante de la demeure qui engendrait notre nervosité, mais nous étions deux contre un danger invisible, caché dans les murs. J’ai dû faire de nombreuses respirations, prendre de longues secondes d’apaisement, qui m’ont paru des heures, pour retrouver ma lucidité. Au moment où je me suis retournée pour rejoindre Newt, mon corps s’est figé, incapable de bouger, comme si mes jambes avaient été coulées dans le béton.
Mon cœur voulait exploser, donnant des coups dans ma cage thoracique. Mon corps me criait de toutes ses forces de m’échapper.

Newt, le regard vide, se tenait face à moi, tenant par la main l’enfant au visage défiguré. Une odeur fétide envahissait mes narines. Mon ami semblait avoir passé de vie à trépas. La peur inondait mon corps, la douleur était atroce et je ressentais l’approche de la fin de ma vie. Le petit être, au regard sans reflets, me tendit la main. Je n’avais pas le choix. C’était plus fort que moi. J’avais accepté son invitation auparavant sans fin. Mes poils se redressèrent tandis que sa respiration chaude irritait mon oreille. Il me chuchota quelques mots que je n’oublierais jamais.


Je réalisai que ma curiosité m’avait poussée à signer son arrêt de mort. Je l’avais condamné.

Puis, plus rien...

 

***

Les lumières bleues et rouges se défilèrent devant mes yeux, rien ne s’était déroulé comme prévu. Personne ne pourra jamais trouver une explication rationnelle. Mon ami sur une civière, recouvert d’une mince couverture blanche. Je ne pourrai plus jamais voir son visage.

La curiosité m'avait poussé...

Le besoin d'en savoir plus m'avait attiré...

L'irréparable à été commis. Ils pensent tous que j,ai perdu la tête, mais moi suel sait que le cercle vicieux a recommencé.

 

 

 

Texte de Émily Brasseur

 

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Découvre l’intégralité du parcours fantastique d’Oolretaw en explorant chacune de ses stations.

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Prochaine histoire :

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À venir bientôt...

Chlotilde Valiquette

Le conteur Paul Bradley a animé des ateliers dans les cours de français de 4e  secondaire à l’école secondaire Wilfrid-Léger. Avec l’aide de leur professeur, les élèves ont rédigé des textes et réalisé des enregistrements qui, peu à peu, ont fait émerger un Waterloo secret et fictionnel : Oolretaw!

Quand la nuit enveloppe cette ville des Cantons-de-l’Est, d’étranges phénomènes commencent à émerger…

Ce projet est rendu possible grâce à l’apport de la Ville de Waterloo, de l’école secondaire Wilfrid-Léger et Centre de services scolaire du Val-des-Cerfs.​

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 © 2023 Paul Bradley storyteller numérique

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